La nouvelle idée du gouvernement pour taxer les plus values de la résidence principale

Souvenez-vous ! C’était en janvier. En pleine crise des gilets jaunes. Le président Macron se lance dans un tour de France du débat. Lors de l’un d’entre eux, un intervenant avait suggéré au Chef de l’État de « réguler » certaines plus-values immobilières. Le président de la République avait alors répondu que son idée de taxation des plus-values effectuées lors de la revente de résidences principales, effectivement exonérées à la revente était « très bonne » et avait ainsi relancé le débat sur la fiscalité de l’immobilier.

6 mois plus tard, les gilets jaunes sont retournés dans le coffre des voitures et l’idée de taxation des plus-values remisée aux oubliettes. Un abandon confirmé par Gérard Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics. Interrogé par un sénateur des Hauts-de-Seine sur la fiscalité de l’immobilier, il vient de préciser qu’il lui semblait préférable de conserver le régime actuel d’imposition des plus-values immobilières concernant les résidences principales.

« Les plus-values immobilières réalisées lors de la revente de résidences principales sont exonérées du paiement de l’impôt sur le revenu en France. Cette disposition se retrouve dans de nombreux pays voisins, à l’identique ou sous la forme d’une exonération (partielle ou totale) sous conditions de réinvestissement de la plus-value de cession dans l’achat de la future résidence principale. Une imposition des plus-values immobilières représente un coût de transaction qui par nature a pour effet de limiter la fluidité des échanges sur le marché immobilier, et le bon appariement du parc. Une éventuelle hausse de l’imposition des plus-values immobilières pourrait également se révéler inflationniste en zones tendues, le vendeur reportant le coût sur l’acheteur », explique-t-il en substance.

Pour ces différentes raisons, il lui semble donc préférable de conserver le régime actuel d’imposition des plus-values immobilières concernant les résidences principales. « En revanche, la réflexion sur la fiscalité locale et les façons d’améliorer son efficacité se poursuit » a-t-il lâché.

Définitivement enterrée l’idée de taxer les plus values ? Pas vraiment. Car Bercy a une nouvelle idée. Plutôt que de remettre en cause l’exonération de la plus-value immobilière générée lors de la vente d’une résidence principale, le gouvernement propose de relever la fiscalité locale, notamment lorsque l’installation d’un nouvel équipement public (station de métro ou de RER dans le cadre du Grand Paris, par exemple, entraîne une hausse locale des prix de l’immobilier. Pour le ministre de l’Économie et des Finances, il est du ressort des collectivités qui choisissent d’investir dans un nouvel équipement de faire contribuer, via la taxe foncière par exemple, les propriétaires d’un bien immobilier qui profiteront de ce nouvel équipement.


Articles similaires

Retrouvez à travers nos actualités nos analyses, conseils et décryptages sur l'univers de la gestion de patrimoine, de la fiscalité, de l'investissement, de l'immobilier et de la retraite.

Parce que les marchés, la réglementation et les enjeux patrimoniaux évoluent en permanence, nous partageons régulièrement notre vision et notre expertise afin de vous aider à mieux comprendre les sujets qui impactent votre patrimoine et vos décisions.

Derniers articles

CAC 40 : des bénéfices qui fondent, une Bourse qui s’envole

CAC 40 : des bénéfices qui fondent, une Bourse qui s’envole

30 Juin 2026

EY publie la 20ᵉ édition de son Profil financier du CAC 40, qui radiographie les comptes 2025 des quarante plus grandes capitalisations françaises. Le table...

Or : faut-il profiter de la correction pour entrer ?

Or : faut-il profiter de la correction pour entrer ?

30 Juin 2026

Après des mois d’envolée, le métal jaune a perdu 28 % depuis son pic de janvier et l’once est repassée sous les 4 000 dollars. De quoi réveiller la tentatio...

L’épargne solidaire franchit 34 milliards : record de croissance, poids encore minuscule

L’épargne solidaire franchit 34 milliards : record de croissance, poids encore minuscule

30 Juin 2026

L’encours de l’épargne solidaire atteint 34 milliards d’euros fin 2025, en hausse de 15 % sur un an, sa plus forte progression depuis 2021, selon la 24ᵉ édi...

Catégories