Cette mesure qui va booster l’épargne salariale

Après avoir supprimé ou diminué depuis le 1er janvier les contributions patronales portant sur les versements effectués par les TPE et PME, le gouvernement a lancé le 12 février une mission pour accélérer le développement de l'épargne salariale dans ces structures. Objectif : atteindre 3 millions de salariés d'ici 2020 dans les entreprises de moins de 250 salariés (contre 1,4 million actuellement). Avec la suppression totale du forfait social de 20 % pour les TPE et les PME, l'épargne salariale gagne en attractivité pour les entreprises, leurs dirigeants et leurs salariés.


Qui est concerné ?


Dans les entreprises concernées, tous les salariés ayant au moins trois mois d'ancienneté ont accès au plan d'épargne salariale. L’intéressé peut être en CDI, CDD, temps partiel, intermittent ou apprenti.

Quels sont les différents dispositifs accessibles aux salariés ?

Deux dispositifs sont accessibles.

Le Plan d'épargne entreprise (PEE), ou plan d'épargne groupe (PEG) ou encore plan d'épargne interentreprises (PEI). Le capital doit être bloqué pendant cinq ans pour être exonéré d'impôt (les plus-values restent toutefois soumises aux prélèvements sociaux de 17,2 %).

Le Plan d'épargne pour la retraite collective (PERCO). Les sommes sont bloquées jusqu'au départ à la retraite. Le moment venu, les sommes sont disponibles sous forme de rente soumise à l'impôt ou, si un accord collectif le prévoit, de capital. Ce dernier est exonéré d'impôt mais soumis aux cotisations.

Quant à l'abondement obtenu en cas de versements volontaires du salarié, il échappe, lui aussi, à l'impôt mais pas aux cotisations.

Comment optimiser son épargne salariale ?

Les gestionnaires d’épargne salariale offrent la possibilité d’arbitrer en ligne entre les supports proposés, construits en fonction des différents profils. Il faut donc diversifier vos avoirs entre PEE et Perco. Les sommes versées sur le plan d'épargne peuvent être investies dans les actions de l'entreprise, dans des parts de Sicav ou dans des fonds communs de placement d'entreprise. Ils dépendent alors souvent de l'évolution des cotations à la Bourse.

Autre bonne idée, conserver son PEE même après avoir quitté l’entreprise. Vous ne profiterez plus de l’abondement mais conserverez les avantages fiscaux. Attention aux frais de gestion qui peuvent alors être facturés.


Qui alimente l’épargne salariale ?

L'employeur peut alimenter l'épargne salariale de trois façons. D’abord en versant une participation, qui représente une part des bénéfices de l'entreprise et qui est obligatoire dans les entreprises de plus 50 salariés.
L’entreprise peut aussi verser un intéressement, qui représente une part de la performance de l'entreprise. Il n’est pas obligatoire.

Les primes de participation et d'intéressement sont versées une fois par an. Leurs montants sont susceptibles de changer chaque année. Le salarié peut choisir de recevoir directement ces sommes - elles sont alors soumises à l'impôt sur le revenu - ou de les investir dans un plan d'épargne salariale.

Enfin, l’entreprise peut abonder, c’est-à-dire effectué un versement complémentaire facultatif quand le salarié investit ses propres fonds sur un plan d'épargne salariale, en y affectant directement une partie de son salaire ou en effectuant un virement depuis un compte bancaire personnel. Attention, les versements volontaires sont plafonnés. Le salarié ne peut ainsi pas verser plus de 25 % de sa rémunération annuelle brute par année civile. Certaines entreprises prévoient en outre un versement annuel minimum de 160 euros.

L’abondement de l’entreprise, de son côté, peut atteindre jusqu'à 300 % du versement initial. Les abondements de l'entreprise ne peuvent pour leur part pas dépasser 3 242 euros sur un PEE (ou 5 835 euros s'ils sont investis en titres de l'entreprise). Le plafond d'abondement est porté à 6 484 euros sur un PERCO.

Quels sont les cas de déblocage anticipé ?

Certaines circonstances exceptionnelles permettent de débloquer le capital avant les échéances fixées, tout en continuant de bénéficier d'une exonération d'impôt (Rupture du contrat de travail, mariage ou conclusion d’un PACS, naissance ou adoption d’un troisième enfant, etc.)


Articles similaires

Retrouvez à travers nos actualités nos analyses, conseils et décryptages sur l'univers de la gestion de patrimoine, de la fiscalité, de l'investissement, de l'immobilier et de la retraite.

Parce que les marchés, la réglementation et les enjeux patrimoniaux évoluent en permanence, nous partageons régulièrement notre vision et notre expertise afin de vous aider à mieux comprendre les sujets qui impactent votre patrimoine et vos décisions.

Derniers articles

CAC 40 : des bénéfices qui fondent, une Bourse qui s’envole

CAC 40 : des bénéfices qui fondent, une Bourse qui s’envole

30 Juin 2026

EY publie la 20ᵉ édition de son Profil financier du CAC 40, qui radiographie les comptes 2025 des quarante plus grandes capitalisations françaises. Le table...

Or : faut-il profiter de la correction pour entrer ?

Or : faut-il profiter de la correction pour entrer ?

30 Juin 2026

Après des mois d’envolée, le métal jaune a perdu 28 % depuis son pic de janvier et l’once est repassée sous les 4 000 dollars. De quoi réveiller la tentatio...

L’épargne solidaire franchit 34 milliards : record de croissance, poids encore minuscule

L’épargne solidaire franchit 34 milliards : record de croissance, poids encore minuscule

30 Juin 2026

L’encours de l’épargne solidaire atteint 34 milliards d’euros fin 2025, en hausse de 15 % sur un an, sa plus forte progression depuis 2021, selon la 24ᵉ édi...

Catégories