Assurances : Quel avenir pour le courtage ?

Alors que les Rendez-Vous du Courtage seront de retour à Lyon le mardi 21 juin 2022 prochain. Stéphane Fantuz, Président de la CNCEF Assurance, fait le point sur l'avenir du courtage en assurances.

 

La CNCEF Assurance participera à cette manifestation dans le sens où elle fédère l’ensemble de la profession. C’est-à-dire, les courtiers et les intermédiaires de la distribution d'assurance et leurs partenaires (compagnies d’assurance, mutuelles, courtiers grossistes, groupes de protection sociale...).

 

En effet, deux mois après l’entrée en vigueur de la Loi Courtage, il est fondamental pour une association professionnelle agréée comme la nôtre,  d’être à la fois sur le terrain tout en accompagnant les professionnels durant cette période de transition. Elle a vu arriver les nouveaux entrants de l’Assurance soucieux de ne plus être isolés dans leur pratique quotidienne face aux réglementations. Mais aussi pour répondre aux enjeux du digital et d’une meilleure relation client. Il en va de même pour les courtiers et leurs mandataires déjà en activité. Immatriculés à l’ORIAS, ils devront lors de leur renouvellement, rejoindre une association agréée avant le 1er janvier 2023 pour continuer d’exercer.

 

Affirmer notre rôle

 

Cette manifestation lyonnaise est donc pour nous, l’occasion de faire de la pédagogie à la fois sur la Loi mais aussi sur notre rôle. En effet, les associations professionnelles agréées ont des missions de vérification, complémentaires à celles de l’ORIAS, des conditions d’accès et d’exercice à la profession à l’égard de leurs adhérents (honorabilité et capacité professionnelle des salariés, responsabilité civile professionnelle, garantie financière, formation continue) et des missions d’accompagnement de leurs membres dans l’exercice de leur activité (mise à disposition d’un service de médiation notamment).

 

Parler d’avenir

 

Bien sûr, à Lyon, nous parlerons aussi de l’avenir. En effet, comme vient de le révéler le cabinet Deloitte, les enjeux liés au développement durable génèrent de nouvelles attentes de la part des consommateurs. Ils observent de plus en plus le rôle économique et social du secteur de l'assurance. Ils s’interrogent pour savoir s’il est capable d’assurer la transition vers une économie décarbonée et durable, de manière équitable.  

De même, le risque cyber devient de plus en plus prégnant. Un nouveau modèle d’assurance reste à inventer après le rapport parlementaire de la députée Valéria Faure-Muntian sur le sujet. La question est loin d’être aisée car ce nouveau risque n’est ni indépendant ni aléatoire. Sa nature le rend donc difficile à assurer avec les modèles actuels destinés aux biens et aux activités humaines. De plus, les Français n’ont pas toujours pleinement conscience de cette menace ni même de l’impossibilité de l’assureur de pouvoir garantir un risque comme dans d’autres situations.

Si une nouvelle branche venait à se créer au Code des Assurances, nous aurions une opportunité pour nos courtiers et mandataires de distribuer certes de nouveaux produits mais aussi de les voir monter en compétences tout en permettant à notre pays de rattraper son retard.

 

Un nouveau modèle relationnel

 

Enfin, l’après COVID19 a soulevé la question de la relation entre les consommateurs et leurs courtiers. En effet, les Français sont attachés à un nouveau modèle relationnel où l'utilisation des canaux digitaux et la rencontre physique se conjuguent pour leur assurer le meilleur conseil. Tout d’abord, le digital pour s’informer, comparer, faire le tour des offres sur le marché. Puis le rendez-vous en présentiel pour affiner leur stratégie, vérifier leur couverture, leur garantie face au risque. Ce sont d’ailleurs ces opérations qui créent le plus de valeur pour les professionnels qui démontrent leur expertise. Ce qui leur permet d’éviter face au consommateur de banaliser les produits et services d’assurance. Ou encore de se différencier dans une logique d’écosystème qui tend à la plateformisation. Ainsi, l’avenir des courtiers en assurance est d'apparaître à la fois comme un acteur central dans la vie des Français garantissant le risque, la personnalisation et la meilleure offre sans pour autant tendre vers une industrialisation et une dématérialisation globale de la relation. C’est pourquoi, implantés dans les territoires et en possédant une connaissance fine, les courtiers de proximité et leurs mandataires ont une véritable carte à jouer. 
 


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